
La randonnée, ou conte à répétition et accumu-lation, est un conte ludique. Il n’est pas fait pour être lu en silence. Il est fait pour être partagé entre celui ou celle qui le lance et ceux ou celles qui répondent. L’interactivité est pour beaucoup dans le plaisir jubilatoire que procure ce genre de conte.
Toutes les sociétés de traditions orales connais-saient bien ce fonctionnement. Mais pour l’aspi-rant conteur, issu de notre civilisation de l’écrit, la règle du jeu ne se laisse pas dévoiler aisément, d’autant qu’il y a de nombreuses sortes de randonnées.
C’est cette règle du jeu que je propose d’aider à découvrir à travers diverses sortes de randon-nées : importance de la visualisation, de la mise en espace imaginaire, de la mise en bouche, du rythme, de la modulation, de la montée dramatique, des ruptures, des variations de voix, d’intentions, lors des répétitions propres à ce genre. Faute de quoi, monotonie et ennui s’installent.
Outre sa fonction ludique, ce genre mineur a des vertus pédagogiques évidentes et s’adresse à tous les âges, en n’oubliant pas que plus un enfant est jeune, plus la structure de l’histoire doit être simple et évidente.